Les « solitudes » telles que nous les proposent le jeune artiste Ma Sibo se déclinent devant nos yeux comme autant de relectures possibles de notre confrontation à l’espace. Espace visuel, espace mémoriel, espace pictural ou espace spirituel, les toiles de cet artiste chinois, né à Tianjin en 1979 et diplômé des Beaux Arts de Toulon et Nimes, possèdent la dimension universelle des sphères incertaines mais cependant si familières.

Car si le cadre principal des œuvres de Ma Sibo est celui des lieux publics vidés de toute vie humaine, son sujet est en réalité centré sur ce jeu subtil entre la présence et l’absence de l’être. Ce ne sont pas de simples intérieurs, couloirs ou parcs auxquels il nous confronte, mais bien à propre réalité. Projetés tour à tour au cœur de la nostalgie d’une enfance révolue ou vers des fenêtres lumineuses émergeant de l’obscurité tels nos espoirs futurs, nous nous perdons à la fois dans le temps, dans nos regrets et dans nos désirs.

Les damiers, guitares, carafes ou manèges qui habitent ses peintures ne sont donc plus des « objets » en soi. Ils sont devenus de véritables catalyseurs sensitifs qui, agissant à la manière des madeleines de Proust, nous exhortent à nous réapproprier visuellement et émotionnellement des moments précieux de nos existences. Points de couleurs éphémères en notes froides ou chaudes ils équilibrent le vide qui tentait de s’emparer de la toile et nous ouvrent une porte d’accès au cœur de ces univers « atmosphériques », espaces faussement réalistes à la temporalité indéfinissable. Happés par ces ambiances nostalgiques, nous pouvons alors nous abandonner à une méditation personnelle sur la complexité du soi et de l’être.

Dans ces mondes sans logique spatiale ou temporelle, à la fois symboliques et métaphoriques, nous nous redécouvrons également le plaisir de la contemplation au travers des jeux de lumière. Cette lumière, rendue vibrante et évanescente grâce à un étonnant travail de la matière picturale en sfumato, nous captive et nous trouble. C’est elle qui, imprégnant la toile d’une suave nostalgie, nous plonge au plus profond de nos solitudes. Mais ces « solitudes » ne sont pas celles que l’on fuit ou que l’on craint. Elles sont au contraire celles que l’on désire sans savoir comment les atteindre. Celles qui nous permettent de nous retrouver face à nous même, de repenser avec sourire au chemin que nous avons parcouru et à la route qu’il nous reste à faire.

Par la sensibilité qui se dégage de ses toiles, Ma Sibo parvient ainsi à en faire de véritables « fenêtres » poétiques et méditatives dans lesquelles nous aimons glisser pour nous extraire du monde et laisser nos esprits se diffuser à leur tour, au rythme des fluides lumineux et colorés.

马思博个展--- 真寂
真寂...
观者和作品之间无言而永恒的对话。
对不可触及宇宙的探索和展现。
纯粹而直真的沉思之路...

我们这次展出的年轻艺术家马思博作品中隐现出一种 ‘孤独感’,它激发出我们对于时空的重新解读。这位艺术家1979年出生于天津,毕业于尼姆高等美术学院,他的作品中呈现出无限宽广的多元维度,融合了视觉空间,记忆存在,绘画场景抑和精神场域,它们是如此飘忽同时又让人倍感亲切。

马思博的作品场景总是指向那些空无一人的公共空间,绘画主题关切于存在本身的展现和隐退,这是一出微妙的平衡游戏。我们面对的不是简简单单,习以为常的房间,走廊和公园,毋宁说我们是在面对自己的真实存在。思绪时而穿梭于对逝去童年的怀想,时而又仿佛随着窗户里的光线划破昏暗,直指充满希望的未来,我们迷失在无垠的时空之中,心里随着画面弥漫着哀伤和欲望。

作品中的棋盘,吉他,玻璃瓶或是旋转木马不再只是那些物件本身,它们就像蒲鲁斯特的化学药剂,成为真切激发我们敏感性的媒介。观众在视觉和心理上被引导着回归那些生活中宝贵的瞬间。画面中那些转瞬即逝或冷或热地的闪耀色彩平衡着作品中压抑的空虚感,同时向我们打开了一扇通过内心宇宙的通道,后者介于无法界定的时间性和虚拟的真实感之中。一旦被这怀旧的氛围抓住,我们便沉浸在对于自我和存在复杂性的默想之中。

在这无逻辑的时空世界里,象征性和形而上学的光影游戏让我们重新获得了沉思的喜悦。艺术家精湛的晕涂技法,创造出细微而灵动的光线,让我们砰然悸动。浸润在画面里的怀旧忧伤,把我们置于深深的孤独之中。而这种孤独感,不是我们曾经逃避或害怕的寂寞。相反,它是我们热切追寻却无从获得的真寂,我们在那里重新直面自己,面带一抹微笑地回顾走过的人生,展望延向未来的道路。

马思博的画让我们重获细腻的敏感,透过那诗意的“窗户”,我们思趣无穷,流连忘返,现实世界离我们远去,思想自由本然地翱翔在跳跃,绚烂的光影中。